Disons-le d'emblée : WordPress est un bon outil, qui motorise une grande partie du web, et certaines situations le justifient pleinement. Ce comparatif n'est pas un réquisitoire — c'est une grille de lecture factuelle pour un site « éditorial » classique (présentation, actualités, contact), le cas de la plupart des associations et des TPE. À chaque poste, nous donnons les chiffres et leur source de variation.
Un mot sur le vocabulaire. Ce qu'on appelle « site statique » est un site à pré-génération : ses pages sont construites au moment même où vous les publiez, et non réassemblées à chaque visite. Le terme décrit la fabrication des pages, jamais votre liberté de les modifier — le contenu reste éditable à tout moment depuis un back-office (voir le point 5).
Le tableau de synthèse
| Critère | WordPress | Site statique |
|---|---|---|
| Temps d'affichage d'une page | 1,5 à 4 s (selon hébergement et plugins) | 0,2 à 0,8 s |
| Score Lighthouse typique | 50 à 85 | 95 à 100 |
| Mises à jour à gérer | cœur + thème + 5 à 15 plugins, en continu | aucune côté site |
| Surface d'attaque | base de données, PHP, plugins, page de login | fichiers statiques uniquement |
| Hébergement requis | PHP + MySQL (8 à 30 €/mois sérieux) | n'importe quel serveur web |
| Coût total 3 ans (site 8 pages) | ≈ 3 000 € | ≈ 2 100 € |
| Édition du contenu | back-office WordPress | back-office équivalent (Keystatic), avec historique |
| Dépendance aux plugins | forte (formulaires, SEO, cache, sécurité…) | nulle — fonctions natives |
Détaillons chaque ligne.
1. La vitesse — mesurable, et décisive pour Google
Une page WordPress est construite à chaque visite : PHP interroge MySQL, assemble le thème, exécute les plugins, puis renvoie la page. Même optimisé (cache, CDN), le socle reste lourd. Une page pré-générée est déjà construite : le serveur l'envoie, c'est tout.
Mesures typiques sur un site associatif de 8 pages (connexion 4G, mobile milieu de gamme) :
- WordPress mutualisé entrée de gamme : 2,5 à 4 s avant affichage complet ;
- WordPress bien optimisé (cache + CDN, ~10 €/mois de plugins) : 1 à 1,5 s ;
- site à pré-génération sans optimisation particulière : 0,3 à 0,8 s.
Google intègre ces métriques (Core Web Vitals) dans son classement : à contenu égal, le site rapide passe devant.
2. La sécurité — une question de surface d'attaque
Les chiffres publics de Patchstack et Sucuri convergent depuis des années : plus de 90 % des sites WordPress piratés le sont via un plugin ou un thème vulnérable, le reste via des comptes admin faibles. Ce n'est pas que WordPress soit mal écrit — c'est que chaque plugin est une porte de plus, maintenue (ou pas) par un tiers.
Un site pré-généré n'expose ni base de données, ni exécution de code, ni page de login au public. Les vecteurs d'attaque classiques n'existent simplement pas. Il reste le serveur lui-même — mutualisé et maintenu pour l'ensemble des sites, une fois, par des professionnels.
Coût d'un piratage pour une association : nettoyage facturé 300 à 800 €, site indisponible ou défiguré pendant des jours, et un référencement Google durablement abîmé si le site a servi à diffuser du spam.
3. Le coût total sur 3 ans — le prix de création ne dit rien
Reprenons le calcul complet pour un site de 8 pages avec actualités :
| Poste | WordPress « économique » | Site statique |
|---|---|---|
| Création | 1 000 € | 1 200 € |
| Hébergement 36 mois | 540 € (15 €/mois) | 900 € (25 €/mois, maintenance incluse) |
| Plugins premium (formulaires, sauvegardes, SEO) | 250 € | 0 € |
| Maintenance / mises à jour | 900 à 1 800 € (300–600 €/an) | incluse |
| Incidents (probabilité × coût) | ≈ 300 € | ≈ 0 € |
| Total 3 ans | ≈ 3 000 à 3 900 € | ≈ 2 100 € |
Le poste qui fait basculer le calcul n'est jamais la création : c'est la maintenance récurrente, essentielle et inévitable sur WordPress (ne pas la payer revient à provisionner un piratage).
4. La dépendance aux plugins — le coût caché
Un WordPress associatif type embarque 8 à 15 plugins : formulaire, SEO, cache, sécurité, sauvegardes, galerie, anti-spam… Chacun peut, à chaque mise à jour : devenir payant, casser la mise en page, entrer en conflit avec un autre, ou être abandonné par son auteur (et devenir une faille). La vie d'un site WordPress, c'est la gestion de cet écosystème.
Sur un site pré-généré moderne, ces fonctions sont natives : le formulaire, les performances, le SEO et les sauvegardes font partie du socle, sans tiers à surveiller.
5. Et l'édition du contenu ?
C'est la vraie force historique de WordPress, et l'objection la plus légitime. Elle ne tient plus : les CMS modernes pour sites statiques (nous utilisons Keystatic) offrent un back-office aussi simple — formulaires de saisie, images, aperçu — avec deux avantages en plus : chaque modification est historisée et annulable, et l'éditeur ne peut pas casser le site (pas de plugins à toucher, pas d'écran blanc).
Quand WordPress reste le bon choix
Par honnêteté, les cas où nous ne recommandons pas un site pré-généré seul :
- boutique en ligne complète (WooCommerce a son écosystème) ;
- blog multi-auteurs à très forte volumétrie avec workflows éditoriaux complexes ;
- équipe déjà formée et investie dans WordPress, avec une infogérance sérieuse en place — migrer pour migrer n'a pas de sens.
Pour tout le reste — et c'est l'immense majorité des sites d'association — le calcul est sans appel : plus rapide, plus sûr, moins cher sur la durée.
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